Ma vie de bénévole

Nous recevons aujourd’hui Sophie Dorey, présidente de l’Association culturelle et d’animation de Fondettes, l’AUBRIERE. Au cours de cet échange, nous allons aborder son parcours au sein de l’association ainsi que son rôle de présidente, que nous approcherons de manière globale, mais aussi dans ce contexte de crise sanitaire.

 

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  • Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Sophie Dorey, je suis mère de 3 enfants, et Fondettoise depuis 25 ans. Je suis présidente de l’Aubrière depuis plus de 6 ans. J’exerce le métier de vétérinaire à Fondettes, je suis donc très sensibilisée à la vie Fondettoise.

 

  • Quel est votre parcours au sein de l’association ?

Je suis arrivée à l’Aubrière avec mes enfants qui, tout petits, ont fréquenté la bibliothèque. Ils ont ensuite fait plusieurs activités dans l’Association, essentiellement de la musique, mais aussi de l’art plastique et de la gym, ils ont également fréquenté l’espace jeune.

Lorsqu’ils sont devenus plus grands, j’ai eu envie de refaire de la musique, j’en avais fait étant jeune, alors je me suis mise au saxophone. Je suis donc également adhérente de l’Aubrière en tant que musicienne.

 

  • Pourquoi devenir présidente ?

J’ai intégré le conseil d’administration parce que mes enfants faisaient de la musique et que la musique était un secteur un peu compliqué pour l’association.

J’étais liée d’amitié avec la coordinatrice pédagogique de l’école de musique de l’époque qui m’a incitée à entrer dans une commission*. Grâce à cela, je suis entrée en contact avec beaucoup de personnes notamment des salariés de l’Association qui m’ont permis d’en comprendre le fonctionnement. Je connaissais aussi le président de l’époque, Marc Gauvain, qui m’a incité à entrer dans le conseil d’administration.

J’y suis entrée en 2007 et là, j’ai découvert les valeurs de l’association, les différents secteurs d’activités, les animations… Intéressée, je me suis impliquée de plus en plus, je suis devenue secrétaire. Un an après le départ de Marc Gauvain, on m’a proposé le poste de présidente, j’ai longuement hésité, car ce n’était pas forcément quelque chose que j’avais déjà fait dans ma vie mais, cela m’a intéressée d’être à un poste clé de l’association et j’ai accepté.

 

  • En tant que présidente, quels sont vos rôles, vos obligations ? Et quels sont les qualités requises pour cette fonction selon vous ?

Il faut savoir que l’Aubrière est une grosse association avec une équipe de salariés qui est présente et qui travaille sur le terrain.

Le rôle de la présidente et du conseil d’administration, puisqu’il s’agit de tout un ensemble, c’est d’abord de faire des choix politiques à l’intérieur de l’association, de pouvoir donner des orientations. Écouter ce qui s’est proposé, voir si cela correspond à la dynamique de l’Association et à ses valeurs. C’est aussi avoir des relations avec les élus de la ville pour pouvoir positionner l’Association, et avoir avec eux une réflexion concernant les subventions et la défense des valeurs de l’Aubrière.

Le rôle de la présidente est aussi d’être un soutien pour l’équipe de salariés, par exemple, aider la directrice Lise Leroux lorsqu’elle rencontre des problématiques, que ce soit dans le management ou des choix de fonctionnement.

Je travaille également avec le conseil d’administration, et avec un petit groupe qu’on appelle le CODIR** qui se retrouve pour discuter des orientations et des choix à faire.

Pour les qualités, je dirais qu’il faut beaucoup d’écoute. C’est important au sein d’une équipe, de pouvoir écouter et entendre ce qu’il se passe. Avoir aussi des capacités d’échange, d’empathie, puisque nous sommes sur des relations humaines fortes. Il faut de l’autorité sans faire de l’autoritarisme et avoir un positionnement qui soit clair pour tout le monde. Le conseil d’administration est intéressant dans son fonctionnement puisqu’il nous donne une certaine forme de légitimité. Ils me font confiance, il faut dont également instaurer un climat de confiance.

Je pense que l’essentiel reste l’écoute, le partage et l’échange.

J’ai développé certaines de ces qualités grâce à mon métier puisque je suis au contact d’un public et que j’ai des salariés, mais l’Aubrière m’a aussi beaucoup appris. On se découvre des qualités, ou en tout cas, des potentialités qui peuvent servir une association.

 

  • Vous êtes vétérinaire, comment gérez-vous ces deux fonctions en parallèle ?

Vétérinaire est un métier qui me prend tout de même pas mal de temps. J’arrive à m’organiser parce que sur mon planning, j’ai quelques journées ou demi-journées libres dans la semaine.

C’est aussi Lise Leroux qui s’adapte, on fait des réunions notamment avec le trésorier et la secrétaire le soir à 19 heures ou 20 heures, les conseils d’administration sont le soir.

J’ai un peu fait le calcul de mon temps, c’est une moyenne entre 5 heures et 10 heures par semaine pour l’association selon les périodes de l’année.

Cependant, ces temps-ci, c’est très calme au niveau des animations donc je ne suis moins sollicitée.

J’arrive à trouver avec les salariés des moments de rencontre, j’essaie de caler mon emploi du temps sur leurs temps de réunions. C’est prenant, mais comme c’est un plaisir, ça ne me pose pas de problème d’imbriquer cela à mon temps professionnel.

 

  • Quels sont vos objectifs pour l’association ?

J’insiste sur le fait que nous sommes une MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) présente sur le terrain depuis un certain temps. On a donc défini au fur et à mesure nos valeurs, nos envies d’accompagner les Fondettois, de proposer des activités, mais aussi tout ce qui va avec : la convivialité, des manifestations et des accompagnements de projets.

Il y a cette envie d’accompagner tout ce qui va pouvoir donner une dynamique de territoire et apporter quelque chose de riche aux attentes des Fondettois.

L’Aubrière permet de créer une dynamique locale et il y a l’envie de continuer à apporter ces éléments avec le pôle Animation et vie associative qui se développe. On souhaite également créer du lien et des animations en rapport avec les valeurs humaines.

Cependant, notre premier fonctionnement en tant qu’association sur le territoire était autour des jeunes et on aimerait continuer à agir avec eux, et agir pour eux le plus longtemps possible.

 

  • Comment gérez-vous la crise sanitaire en tant que présidente de l’association ?

Ce n’est pas simple ! On a subi comme tout le monde de plein fouet les décisions sanitaires, qui sont importantes et pas forcément faciles à gérer. Il a fallu apprendre à fonctionner dans l’urgence ce qui n’est pas toujours évident. Il faut surtout savoir communiquer pour faire passer les messages.

Dans le cadre de l’organisation pendant le confinement, il a fallu avoir beaucoup de réflexions et des lignes directrices qui permettent au maximum de continuer à accompagner. C’est pour cela que l’on a favorisé les cours en Visio, notamment en musique pour le premier confinement, puis avec les cours autour des activités de bien-être pour ce deuxième confinement.

Ce n’est pas simple puisque nous sommes dans une situation où, nous avons également des choses à gérer indépendante de l’association. Mais on peut s’appuyer sur une équipe et c’est très appréciable. Ils sont proches du « terrain » et ce sont eux qui vont nous donner les principaux ressentis, les choix qui seront mis en place et comment.

Ce n’est pas facile, mais cela montre une bonne cohésion tant au niveau de l’équipe qu’au niveau du conseil d’administration. On a pu discuter et avancer.

Ce n’est pas le travail de bénévole en association que je souhaite, mais il faut être là. Il s’agit certainement d’un mauvais passage et on se tournera vers d’autres ouvertures pour la suite.

 

  • Quel bilan faites-vous de ces quelques années passées à l’Aubrière ?

Pour l’Aubrière, on arrive à maintenir un rayonnement, grâce à la dynamique de l’association, indépendamment de ma présence à sa tête. Le travail de l’Association permet de maintenir de la vie sur la commune.

À titre personnel, j’ai appris beaucoup de choses au niveau de mes compétences. Je ne pensais pas pouvoir gérer un conseil d’administration, et accompagner cette association. Pour moi, c’est très valorisant et très positif.

Il est vrai que cela était ma première expérience dans l’associatif culturel, je trouve que ça apporte quelque chose de très enrichissant dans les relations humaines et dans l’accompagnement de choses qui me tiennent à cœur.

 

  • Pour terminer, comment voyez-vous l’avenir de l’Aubrière ?

L’Aubrière crée une dynamique importante sur la ville, ce qui je l’espère, durera le plus longtemps possible.

J’insisterai sur la jeunesse puisque c’est tout de même notre ADN au départ. Cette association a été formée autour de la jeunesse il y a plus de 50 ans. J’insisterai aussi sur le fait que cette jeunesse doit être accompagnée et, que l’Aubrière reste une force compétente pour pouvoir le faire dans un contexte de politique globale de la ville concernant la gestion de la jeunesse.

Concernant les activités, nous restons avec cette envie de créer du lien, de la convivialité, des échanges et de pouvoir apporter à la ville quelque chose qui sorte de l’ordinaire.

Il est vrai que les tendances actuelles sont un peu plus complexes et que s’inscrire dans un programme aussi ambitieux et être toujours présent n’est pas facile, mais le milieu associatif a vraiment des facettes intéressantes et très riches qui peuvent apporter beaucoup de choses sur le territoire.

 

* Commission : petit comité de réflexion dans une activité précise (ex : la musique, la communication)  comprenant des salariés de l ‘Association, des adhérents, des membres du CA

** CODIR : Acronyme pour Comité de direction actuellement composé  de la présidente, du trésorier, de la secrétaire et de la directrice,

 

 

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